Floby, s’il faudrait définir le symbole de la résilience, de l’aura, il faudrait tout simplement lui donner cela. Depuis l’annonce de la mise en œuvre de cette croisade dénommée « Espace culturel Noom Naaba », jusqu’à l’ouverture officielle, l’engouement atteint le paroxysme. Des personnes de tout genre et tous âges, n’ont pas voulu se faire raconter et bousculent toujours leur calendrier pour apporter leur noble contribution, en visite, des prospections et même des gestes pour son édifice. Après plus de nombreuses nuits sans sommeil, des longueurs de journées de travail acharnés, l’espace a vu le jour 6 août dernier. Côté mobilisation, elle était sans pareille avec la présence des autorités administratives, coutumières, religieuses, des artistes de toute catégorie, le public du King Zodanga et sans oublier les riverains du quartier.

Une histoire de plus de 14 ans avec la Zone 1
Pour comprendre l’histoire de cet espace, il faut remonter le temps. Floby n’est pas arrivé là par hasard. Cela fait plus de 14 ans qu’il fréquente cet endroit autrefois appelé le « coin des artistes ». Même s’il n’y habite plus aujourd’hui, l’artiste est toujours resté fidèle à la Zone 1, ce quartier qui l’a vu grandir et l’a soutenu depuis ses débuts.
Au fil des années, l’endroit était tellement associé à sa présence que les gens ont fini par l’appeler « le jardin du Naaba », alors qu’il n’en était qu’un simple client ! C’est sous ce hangar modeste qu’il a composé trois de ses plus grands albums : « Wakato », « Wend’so » et « Burkina Faso ». Aujourd’hui, l’histoire prend une belle tournure : le client fidèle est devenu le propriétaire du lieu, grâce à la confiance accordée par M. Rodolphe et sa famille.
« C’est un quartier qui m’a vu de loin, un quartier qui m’a accompagné. Dans cet hangar, j’ai composé trois albums. C’est une grande histoire. Je dis merci au Burkina Faso et à tous les Burkinabè pour tout ce qu’ils me témoignent de mon vivant », a confié le King Zodanga avec émotion.

Plusieurs jours de travail acharné et un élan de solidarité incroyable
Pendant les nombreux jours qui ont précédé l’ouverture, le jardin a connu une véritable transformation. Et cela s’est fait grâce à l’aide de tout le monde. Les gens du quartier et les fans sont venus spontanément donner ce qu’ils avaient : qui apportait une chaise, qui un sac de ciment, qui une boîte de peinture. Les maçons, les artisans et les jeunes du coin ont donné de leur temps jour et nuit pour bâtir le projet.

Une contribution exceptionnelle a particulièrement marqué les esprits : celle de la célèbre artiste peintre burkinabè Adjaratou Ouedraogo. Avec ses pinceaux et beaucoup de patience, elle a habillé l’espace de magnifiques peintures faites entièrement à la main, carreau par carreau.
« Tout ce que vous voyez de joli ici qui fait plaisir aux yeux, c’est elle. Ce n’est pas du collage, c’est fait à la main, de bout en bout. Du fond du cœur, merci Adjarartou Ouedraogo », a tenu à souligner Floby devant le public.

Le soutien des autorités et du monde de la culture
La cérémonie d’inauguration du 6 août a rassemblé du beau monde : des chefs coutumiers, des artistes de tous bords, des fans et des habitants du quartier.Le représentant du ministère de la Culture, le camarade Ki, a salué cette belle initiative privée qui vient enrichir le patrimoine culturel du pays :
« Floby montre qu’un artiste peut non seulement briller sur les scènes nationales et internationales, mais aussi investir durablement dans son pays. Cet espace sera un lieu de rencontre, de formation et de promotion des talents pour la jeunesse », a-t-il déclaré, avant d’inviter la population à s’approprier ce nouveau joyau.
Aujourd’hui, l’Espace culturel Noom Naaba est officiellement ouvert. C’est le début d’une nouvelle aventure pour la Zone 1 et pour la culture burkinabè, prouvant encore une fois que c’est ensemble qu’on construit les plus belles choses.
Par Hervé ILBOUDO lemergenceculturelle.com