
La production n’est pas un service rendu, mais un partenariat gagnant-gagnant. Lorsque tu vois un artiste talentueux, tu le valorises pour créer de la valeur ajoutée, et les deux parties en profitent (le producteur et l’artiste). En Afrique, la production est souvent perçue comme un service rendu.
Beaucoup de producteurs de nos jours confondent le contrat de production avec de l’entraide amicale ou une prise en charge totale, ce qui mène souvent à des conflits après des investissements non rentables. Très souvent, la compréhension des clauses contractuelles est limitée entre les deux parties. La production est avant tout un investissement à risque. Si le produit fonctionne, les deux parties en profitent. Ce domaine de production est très mal vu en Afrique.
La triste réalité est que la majorité de ceux qui se disent producteurs n’ont vraiment pas une bonne compréhension du secteur. Un véritable producteur de musique doit passer par une formation sur la valeur commerciale dans l’industrie et par une lecture rigoureuse des contrats. Pour que la musique africaine, et en particulier burkinabè, puisse pleinement profiter de son rayonnement mondial, il devient impératif de rompre avec ces pratiques archaïques.
Il est temps d’instaurer un modèle de production fondé sur la transparence, la co-construction et le respect mutuel des intérêts en jeu. « On ne signe plus de contrat sans avocat, » dit Himra, et c’est d’ailleurs ce qui est recommandé.
Hervé ILBOUDO