Rester fidèle, se forger une identité musicale sans regarder ni envier qui que ce soit, Kam Naaba le Béni est désormais un nom à inscrire dans nos agendas. Dans une ère où se faire une place nécessite, pour certains, des initiations aux buzz, lui emprunte son propre chemin. Il travaille en silence, sans sauter aucune étape, laissant le fruit mûr tomber tout seul. La date du 22 janvier 2026 a fait consensus à travers le baptême de son premier disque, « Burkindi ».
Long de 11 pistes, Kam Naaba Le Béni a bien réfléchi avant de concocter cet album pour traiter des mots de la société. Chanté en grande partie en mooré, langue locale, avec une touche en français, ce projet représente pour lui le début de son parcours professionnel. Ce qui fait la particularité de l’artiste, c’est cette synergie qu’il établit entre les sonorités des terroirs et celles urbaines. Immédiatement, ça bouge en liwaga et en warba, tandis que, de l’autre côté, les percussions amapiano et afrobeats résonnent.
L’album parle parfaitement du retour aux valeurs ancestrales, du regret d’un orphelin de père, de l’envie de réussir et d’une réponse face aux calomnies. Pour Kam Naaba Le Béni, les bruits autour de lui ne le propulseront nulle part : « Surfer sur les buzz pour me faire connaître, je ne pense pas que ce soit une bonne formule » a-t-il déclaré, lors du baptême de ce gros disque.
« Burkindi » est disponible, avis surtout aux mordus de bonne musique de l’écouter sans modération.

Hervé ILBOUDO