Connue pour son engagement avec le « Festival Wonder Woman » qui met en avant les femmes artistes du Burkina Faso depuis plusieurs années, la vaillante burkinabè Aïcha Sango ajoute aujourd’hui une nouvelle corde à son arc. Installée aux États-Unis, elle n’oublie jamais son pays : chaque année, elle revient pour permettre aux artistes locales de vivre de leur art. Cette fois, c’est vers l’éducation qu’elle ouvre une nouvelle fenêtre avec la sortie de son livre intitulé « Réinventer l’éducation des garçons en Afrique ». Un ouvrage simple et direct qui propose des pistes concrètes pour changer les choses.

Quand l’expérience de l’étranger donne des idées pour le pays
Pour Aïcha Sango, immigrer ne veut pas dire oublier ses racines. Quand on voyage, il faut pouvoir ramener quelque chose d’utile chez soi. C’est en partageant sa vie entre le Burkina où elle a grandi et les États-Unis où elle a étudié qu’elle a construit sa réflexion. Son livre ne cherche pas à rejeter nos coutumes africaines, mais plutôt à apporter un plus pour former des hommes solides et responsables pour demain.

Le constat : Pourquoi les mariages durent moins de nos jours ?
L’auteure part d’un constat tout simple : aujourd’hui, beaucoup de couples se séparent vite. Selon elle, le problème vient du fait qu’« on confie trop l’éducation, on met tout sur l’éducation de la fille, et on oublie le chef de famille, qui lui-même devait être bien éduqué avant de se marier. » Elle estime qu’un homme doit être préparé à ses responsabilités bien avant de s’engager. C’est pourquoi elle demande fermement aux pères de famille de s’impliquer. Les mamans ne peuvent pas élever les enfants toutes seules, les papas doivent prendre leur part de responsabilité au quotidien.

L’exemple américain : Des garçons qui prennent soin de leur famille
Pour montrer que c’est possible, Aïcha Sango partage une histoire vécue aux États-Unis alors qu’elle travaillait comme assistante auprès d’une dame âgée. Cette dernière avait eu 9 enfants (ce qui casse le cliché selon lequel les Occidentaux font peu d’enfants). Deux de ses petits-fils, âgés de 22 et 25 ans, s’occupaient d’elle de manière incroyable. Ils s’organisaient pour se relayer : l’un travaillait le matin, l’autre la nuit. Ils lui faisaient à manger et s’occupaient même de ses piqûres pour le diabète.Pour l’auteure, cet exemple montre qu’en Afrique, on a trop tendance à se reposer uniquement sur les belles-filles pour s’occuper des parents âgés. Si un garçon est bien élevé dès son plus jeune âge, il saura prendre soin de ses parents lui-même, qu’il soit marié ou célibataire.

Les papas doivent rentrer plus tôt à la maison
L’autre conseil important du livre s’adresse directement aux hommes. En Afrique, beaucoup de pères rentrent très tard à cause du travail. Quand ils arrivent, les enfants dorment déjà. Les papas ne savent donc pas ce que les garçons ont fait comme bêtises dans la journée et ne peuvent pas les corriger. De plus, les mamans ont parfois tendance à trop protéger leurs enfants. Aïcha Sango demande donc aux pères de faire l’effort de rentrer plus tôt pour vérifier le comportement de leurs enfants et participer activement à leur éducation.

Un livre salué par l’ancien ministre de la Culture
Parrain de l’événement, Karim Sango, ancien ministre de la Culture du Burkina Faso, a salué la sortie de cet ouvrage. Il a rappelé que l’écriture est un exercice difficile qui demande beaucoup de nuits blanches et de sacrifices. Il a félicité l’auteure pour sa générosité envers le peuple burkinabè. Pour l’encourager, Karim Sango a promis de proposer sa candidature à Bernadette SANOU Dao (ancienne ministre de la Culture sous Thomas Sankara et écrivaine reconnue) afin que Aïcha Sango rejoigne « Les Modèles », une association qui regroupe les écrivains du pays.
Par Hervé ILBOUDO lemergenceculturelle.com
