Koudougou : Mission accomplie pour l’acte 1 du projet humanitaire « Graine d’Espoir »‎

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La première édition du concept « Graine d’Espoir » vient de fermer ses portes avec une panoplie d’activités réalisées en seulement 24 heures. Annoncée en grande pompe, la population de Koudougou n’a pas laissé cette noble initiative lettre morte. Elle s’en est appropriée et a fait de son mieux pour qu’elle puisse bien germer, afin de servir de canal à ces personnes vulnérables ou en situation difficile en quête de soutien pour retrouver le sourire. C’est dans un Théâtre populaire harmonisé par une véritable marée humaine que s’est joué le tournant décisif du projet, à travers un concert live géant de l’artiste Fadeen, accompagné de plusieurs jeunes talents émergents.

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Karim Kaboré (PCO) : « Transformer la souffrance en un levier d’autonomisation »

Pour comprendre l’étincelle qui a donné vie à cette aventure humaine, il faut remonter aux motivations profondes de ses initiateurs. Installé au cœur de l’organisation, le Président du Comité d’Organisation (PCO), Monsieur Karim Ouédraogo, a accepté de revenir sur les coulisses de cette naissance et sur le choix symbolique de la tête d’affiche de cette première édition :

« ‎L’idée est née d’une sensibilité profonde face aux souffrances d’autrui, une réalité que je porte en moi depuis des années et qui m’a poussé à agir. Avec mon équipe, nous avons formalisé et structuré ce projet pour qu’il devienne une plateforme concrète d’accompagnement pour les personnes vulnérables et tous ceux qui avancent dans l’ombre, en quête d’espoir. Voilà pourquoi « Graine d’espoir » est née : elle n’appartient pas à un petit groupe, elle appartient à tout le monde » explique-t-il.

Il ajoute que, bien que l’événement ne se tenait qu’en un seul jour, plusieurs activités ont été menées à bien, culminant avec la grande messe qu’est le concert du soir, au Théâtre Populaire :

« En l’espace de 24 heures chrono, le défi était immense mais relevé. Nous avons débuté la matinée du 23 mai par un panel de réflexion enrichissant, animé par M. Koné Sangoulé aux côtés de l’artiste Fadeen. Ce fut un moment d’échanges intenses sur les réalités de la vulnérabilité sociale. Le soir, dès 20h, place a été faite au grand concert solidaire, un moment charnière qui a servi de cadre pour la mobilisation des fonds et la remise officielle de bons de formation professionnelle à de nombreuses femmes de la commune.»

Le choix porté sur l’artiste n’est pas anodin selon le PCO. Il précise que l’idée même est née du premier disque en studio de ce dernier, lorsqu’il traversait des moments difficiles, surtout en écoutant un des morceaux de l’artiste, extrait de ce projet qui s’appelait « Graine d’Espoir ».

« Le choix de porter cette première édition sur Fadeen s’est imposé comme une évidence. C’est un artiste engagé qui nourrit l’esprit même de ce projet à travers son premier album, intitulé « Graine d’Espoir ». L’idée de notre démarche est directement inspirée de l’un des morceaux phares de cet opus. Qui était donc mieux placé que lui pour incarner les valeurs de ce lancement et porter ce message sur la scène de Koudougou ? »‎

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Au-delà des intentions, un événement humanitaire se mesure d’abord à l’impact réel laissé sur le terrain. Interrogé sur les résultats chiffrés de cette folle journée, le PCO ne cache pas sa satisfaction et dresse un bilan particulièrement flatteur :‎

« L’objectif est atteint à 100%, et c’est une immense fierté. La mobilisation populaire pour le concert était tout simplement impressionnante, mais notre plus belle victoire réside ailleurs : nous avons réussi à réunir et à installer dignement plus de 200 personnes parmi les plus démunies et marginalisées de la ville. Nous rendons grâce à Dieu pour cette étape franchie, c’est un succès total. Notre cible prioritaire était ces personnes défavorisées : leur redonner le sourire, leur offrir des repas chauds pour la soirée et subvenir à leurs besoins vestimentaires immédiats. Ce soir, le but ultime n’était pas seulement de faire de l’audience et de remplir le Théâtre populaire pour la forme, mais de toucher directement le cœur de notre cible. Et sur ce point, le résultat a été impeccable. »

Monsieur Karim Kaboré apporte des détails concernant sa confiance en lui lorsqu’il a eu l’idée de faire naître ce projet. Sans détour, il dévoile les coulisses de la création de ce concept « Graine d’espoir ».

« Dès ma toute première rencontre avec l’artiste, j’avais cette intime conviction que ce premier essai serait une réussite. Je suis un homme d’espoir ; quand je m’engage dans une cause, je fonce sans hésiter. J’ai eu la chance d’avoir une équipe jeune, soudée et extrêmement dynamique derrière moi. Ensemble, nous avons mouillé le maillot face aux obstacles logistiques et le déclic a eu lieu. Concrètement, à l’issue de ce concert, 25 % de l’ensemble des recettes guichet seront officiellement reversées à la Direction provinciale de la Femme, de la Solidarité nationale et de l’Action humanitaire du Boulkiemdé pour financer des actions d’urgence en faveur des vulnérables. À cela s’ajoute l’octroi immédiat de bons de formation aux métiers porteurs pour plusieurs femmes vulnérables, afin de leur donner les clés de leur propre avenir. »‎

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Pourtant, le chemin de l’humanitaire est semé d’embûches, notamment financières. Sans langue de bois, Karim Ouédraogo évoque la frilosité des premiers investisseurs, tout en saluant les soutiens indéfectibles qui ont permis de sauver le projet, tout en se projetant vers l’avenir :

« Il faut avoir le courage de le dire sincèrement : j’ai été porté à bout de bras par mon équipe et par notre propre détermination, mais pas par les partenaires institutionnels ou commerciaux classiques. On peut comprendre leur réserve, car il s’agit d’une première édition et le doute plane toujours sur la crédibilité d’un nouveau projet. En toute franchise, nous n’avons reçu aucun accompagnement financier ou logistique de leur part, à l’exception notable et salvatrice de la marque Twellium. Nous tenons à saluer chaleureusement ce sponsor officiel qui a cru en nous dès le premier jour et qui nous a soutenus en rafraîchissant l’ensemble des participants. En dehors d’eux, le désert syndical : aucun autre appui.

Comme symbole de reconnaissance, il a exprimé ses sentiments envers la mobilisation médiatique autour de ce projet. S’il n’y avait eu personne, l’édition aurait été un fiasco :

« En revanche, nous disons un immense merci aux médias, car ce sont eux nos véritables partenaires officiels, fidèles et désintéressés. Depuis plus de deux mois, vous n’avez cessé de relayer gratuitement nos différents supports de communication, de faire résonner notre voix. Nous invitons d’ailleurs les futurs partenaires à suivre les comptes rendus des médias pour constater le sérieux et l’ampleur du travail que nous avons abattu sur le terrain avec si peu de moyens.» a-t-il affirmé.

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Quant aux prochaines éditions, le PCO souhaite que le projet soit une vitrine d’auto-indépendance pour toutes les femmes ayant bénéficié de leurs formations. Un mini-marché sera ouvert pendant quelques jours, afin de permettre à ces femmes d’exposer leurs différents produits issus des formations :

« Pour les éditions à venir, notre ambition est d’aller encore plus loin. Nous voulons démultiplier l’impact social en formant un nombre beaucoup plus important de femmes et de jeunes, pour leur permettre d’atteindre une véritable autonomie financière. Nous voulons qu’ils puissent s’assumer, se sentir bien et vivre dignement de leur travail. Pour valoriser ces compétences acquises, nous projetons d’organiser dans les prochaines années des « mini-rassandaga » (marchés d’exposition locaux). Ce seront des vitrines où les femmes formées grâce à « Graine d’espoir » viendront présenter, valoriser et vendre les produits issus de leur apprentissage. Le rendez-vous est pris. »

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Fadeen : « Le public a balayé toutes mes incertitudes en trente secondes »

‎Si le projet est une réussite organisationnelle, il l’est tout autant sur le plan artistique. Principal visage culturel de cette cause, l’artiste Fadeen est descendu de scène encore vibrant de l’énergie partagée avec le public de Koudougou. C’est avec beaucoup d’émotion qu’il livre ses premières impressions à chaud :

‎« Franchement, c’est un sentiment de profonde joie et de soulagement qui m’anime en ce moment. Porter un tel projet sur ses épaules est une lourde responsabilité. Je tiens tout d’abord à dire un grand merci à la magnifique population de Koudougou pour son accueil chaleureux, à la grande famille de la presse qui a été le haut-parleur de cette cause, ainsi qu’à l’équipe « Teebo Espoir » qui a conçu la structure du projet. De mon côté, je n’ai fait qu’apporter humblement mon image, ma voix et mon savoir-faire artistique pour sublimer l’idée.

Pour un coup d’essai, c’est un début extrêmement impressionnant. En voyant cette ferveur, je suis déjà certain que l’acte 2 sera encore plus grandiose et mieux structuré. Je suis et je resterai de tout cœur avec « Graine d’espoir ». Au-delà de l’aspect festif du spectacle, c’est un concept profondément humain qui vise à redonner une dignité aux personnes vulnérables, à leur offrir des perspectives réelles à travers des outils de formation et un accompagnement de proximité. Ce projet fait sens avec ma musique. »‎

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Le clou de l’événement est resté ce concert live d’une grande intensité technique et émotionnelle. L’artiste revient sur ce moment de communion intense et sur l’exigence technique qui a rendu ce show mémorable :

« Je dirais sans hésiter que c’est le public qui a fait la magie de ce concert ce soir. Je ne vous cacherai pas qu’avant de monter sur scène, j’avais une certaine appréhension, une incertitude légitime face à l’enjeu. Mais dès les trente premières secondes, dès les premières notes, le public a envoyé une telle énergie qu’il a balayé tous mes doutes. Ils ont dit non, on est là pour toi, on est là pour la cause. C’était tout simplement magique et thérapeutique.

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Fadeen, émue par l’engagement de l’équipe organisatrice, n’a pas manqué de mots pour les remercier tout en saluant la qualité sonore qui lui a permis de communier parfaitement avec toute cette marée humaine:

« Pour offrir un tel moment, toute l’équipe organisatrice et technique s’est fortement mobilisée pendant les préparatifs. Nous n’avons rien laissé au hasard : la qualité de la sonorisation, les balances, le professionnalisme des musiciens (les Ré mineurs), la lumière… tout a été minutieusement ficelé et répété pour que le spectacle soit à la hauteur des attentes exigeantes de la population de Koudougou. Le pari a été magnifiquement relevé, et ce n’est que le début d’une belle histoire de solidarité. »‎

L’acte 1 de « Graine d’Espoir » prouve que la jeunesse burkinabè a des idées et de la suite dans les idées. Une initiative à suivre de très près pour les éditions à venir

Par Hervé ILBOUDO lemergenceculturelle.com

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