Après le succès fondateur de son premier acte, célébré à l’occasion des dix ans de la maison mère « BeFree », le comité d’organisation des « Befree Fashion Days » refuse de s’installer dans le confort des acquis. Pour cette deuxième édition, qui se tiendra du 26 au 28 juin 2026, la structure affiche des ambitions d’éviter la redondance, proposer une programmation originale et hisser le niveau de la création burkinabè sans jamais concéder aux solutions de facilité.

Centré cette année autour du thème hautement stratégique : « Textile africain, Innover pour exister », l’événement s’impose comme un cadre d’expression, de réflexion et de valorisation de l’identité vestimentaire du continent. Le promoteur des Befree Fashion Days, Lamizana Serge Helo, a profité de cette rencontre avec les professionnels des médias pour réaffirmer l’identité profonde de ce projet né de la volonté de fédérer les énergies créatrices locales et régionales.

Trois jours de célébration et de surprises urbaines
Le contenu de cette biennale de la mode a été repensé afin de surprendre le public ouagalais et d’intégrer de nouveaux standards événementiels. Les festivités s’articuleront autour de trois moments forts, du vendredi au dimanche.
Le coup d’envoi sera donné le vendredi 26 juin par une initiative urbaine inédite : un défilé surprise organisé en plein cœur de la capitale, dans les rues de Ouagadougou. Une démarche qui vise à démocratiser la haute couture en l’exportant hors des salons fermés traditionnels. Le lendemain, samedi 27 juin, l’Azalaï Hôtel accueillera dès 19 h 00 la grande soirée gala de l’événement, introduite par un cocktail dînatoire raffiné. Enfin, la journée du dimanche 28 juin sera consacrée à un concept de « After » baptisé « Buffet Fashion Chill ». Prévu à l’espace 1XL, ce moment de détente sera animé aux platines, avec la performance exclusive de l’artiste invité Elty.

Une vitrine sous-régionale d’échange de talents
Pour parfaire la qualité technique des présentations, l’organisation a misé sur un métissage artistique rigoureux. Les « Befree Fashion Days » accueilleront ainsi des créateurs et des modèles issus de plusieurs nations de l’Afrique de l’Ouest, favorisant une véritable émulation créative.
Au niveau du stylisme, des maîtres artisans et des designers viendront présenter leurs collections depuis le Mali, la Côte d’Ivoire, le Bénin et le Ghana. Du côté des mannequins professionnels, les sélections intègrent des profils du Togo, de la Guinée, de la Côte d’Ivoire et du Mali, aux côtés des talents burkinabè. L’objectif avoué du promoteur reste le décloisonnement des marchés locaux : rapprocher ces créateurs des réalités burkinabè afin de bâtir une industrie de la mode africaine plus compétitive et visible à l’échelle internationale.

L’impératif de l’innovation face aux importations
Au-delà de la dimension festive, l’événement porte une ambition politique et économique forte. Pour Lamizana Serge Helo, le thème choisi résonne comme un appel à la conscience collective et à la responsabilité des designers africains vis-à-vis des matières premières locales, telles que le Faso Dan Fani ou le Koko Dunda.« Innover pour exister, c’est innover pour faire perdurer nos textiles locaux. C’est faire en sorte que l’année prochaine, lors de la conférence de presse, vous ne veniez pas avec des chemises ou des polos importés. Nous voulons que vous portiez du local, mais nous savons que nous ne pouvons pas vous y obliger tant que nous ne vous proposerons pas des designs modernes que vous aimez. C’est cela le sens de notre combat. »
La pérennité de l’industrie textile d’Afrique de l’Ouest dépend en effet de sa capacité à s’adapter aux exigences de la vie urbaine contemporaine. Le défi lancé aux stylistes est clair : renouveler les coupes, inventer de nouveaux usages et rendre les étoffes traditionnelles attractives pour la jeunesse et les milieux professionnels.

Des perspectives résolument internationales
Interrogé sur l’avenir de la marque, le promoteur a partagé sa vision à long terme pour l’événement. Loin de vouloir se cantonner aux frontières du Burkina Faso, l’équipe dirigeante aspire à positionner les « Befree Fashion Days » comme un carrefour mondial incontournable.
Les ambitions futures prévoient l’intégration systématique de stylistes et de mannequins en provenance d’autres continents : « Nous voulons que ce soit un événement de référence dans le monde de la mode. Nous y croyons fermement et nous travaillons pour y parvenir », a conclu Lamizana Serge Helo.
Les rendez-vous sont désormais pris pour les 26, 27 et 28 juin prochains, où le public et les professionnels de la mode sont attendus pour acter ce tournant décisif de la création vestimentaire burkinabè.
Par Hervé ILBOUDO lemergenceculturelle.com