Déjà couronné de succès au FESPACO et à l’international, le long-métrage « Une si longue nuit » s’invite au « Festival des Identités Culturelles ». Entre drame social et thriller sécuritaire, ce film 100 % burkinabè a marqué les esprits des festivaliers lors des projections de proximité.

Présent lors de l’événement, Mosché Kevin TIEMTORÉ, l’un des acteurs majeurs de ce projet cinématographique dont le succès dépasse désormais les frontières nationales, a accepté de nous livrer les coulisses de cette œuvre poignante.
Un huis clos nocturne sous haute tension
Sans vouloir tout dévoiler pour laisser le plaisir de la découverte aux festivaliers, le technicien pose le décor d’un récit qui tient en haleine du début à la fin :
« Comme son titre l’indique, le film se déroule entièrement le temps d’une seule nuit. Tout commence par le drame d’une femme battue par son mari, qui cherche refuge dans un bistrot. C’est alors que l’impensable se produit : le lieu est pris d’assaut par des terroristes. L’intrigue se noue et se dénoue dans ce huis clos, jusqu’à l’intervention des forces de l’ordre. »
Un défi technique 100% burkinabè
Au-delà de la force de son scénario, « Une si longue nuit » est une fierté pour le cinéma local. Il s’agit d’une production purement burkinabè, portée par une équipe technique entièrement locale. Tourné à Ouagadougou sur une période de quatre à cinq semaines, le film a imposé un rythme de travail hors normes à toute l’équipe.
« La grande particularité de ce tournage, c’est qu’il s’est déroulé presque exclusivement de nuit. Nos journées de travail commençaient à 19 heures pour s’achever à 5 heures du matin. Nous vivions à un rythme totalement inversé », confie Mosché Kevin Tiemtoré
Entre actualité sociale et résonance thématique
Cette projection s’inscrit en droite ligne avec la thématique de cette édition du festival : « Identités culturelles à l’ère du numérique planétaire ». Pour l’acteur, le long-métrage résonne parfaitement avec les réalités contemporaines du pays. En plus de traiter de la menace sécuritaire, le film met en lumière la condition féminine et les violences conjugales, un sujet d’une brûlante actualité.

Rapprocher le cinéma des populations
Après un parcours prestigieux marqué par plusieurs distinctions au « FESPACO » (notamment le Prix de l’UEMOA et des mentions spéciales du jury) et une belle trajectoire à l’international, cette diffusion au « Festival des Identités Culturelles » 2026, revêt une importance capitale pour l’équipe du film. L’accès aux longs-métrages restant parfois limité pour le grand public en dehors des grands écrans de la capitale, décentraliser les projections au cœur des quartiers est perçu comme une victoire.
« Après l’avant-première au FESPACO et quelques sorties en salles, peu de gens avaient eu l’opportunité de le voir. Amener le film directement auprès des populations dans les quartiers, c’est une immense satisfaction. Cela permet au public de découvrir tout le travail que nous avons accompli », se réjouit l’acteur.Un hommage vibrant aux Forces de Défense et de Sécurité (FDS.
Le film porte également un message de résilience et de soutien patriotique. En mettant en scène la réaction rapide et l’efficacité des forces combattantes face à l’attaque du bistrot, la réalisation a voulu saluer le courage de ceux qui retissent le tissu sécuritaire du pays.
« C’est une manière de magnifier la bravoure de nos FDS et leur engagement à défendre la patrie. Ce film a vocation à booster le moral de nos troupes et à galvaniser la population. Nous avons tenu à montrer le processus de ces interventions complexes, jusqu’à la victoire finale de nos vaillants combattants », conclut Mosché Kevin Tiemtoré.
Une œuvre énorme, ancrée dans les réalités du Burkina Faso, qui confirme que le cinéma local reste un miroir puissant de la société et un vecteur essentiel d’éveil des consciences.
Par Hervé ILBOUDO lemergenceculturelle.com
