La magie du grand écran continue d’opérer au « Festival des Identités Culturelles » (FESTIC). Pour sa deuxième nuit de projections en plein air, le festival a posé ses valises hier au cœur du quartier historique de Ouidi. Entre ferveur populaire et célébration du patrimoine, le public a vibré au rythme d’une programmation audacieuse, portée par le film documentaire captivant d’Ibrahim Harouna Ousmane Mahamadou : « La danse des YAN ».
Quand le cinéma réveille la mémoire ancestrale
C’est précisément cela, l’esprit du FESTIC : amener le septième art au plus près des communautés, là où la culture prend tout son sens. Hier soir, l’ambiance était électrique à Ouidi. Festivaliers, cinéphiles et habitants se sont rassemblés pour une communion visuelle unique. Le point d’orgue de cette soirée a sans conteste été la projection de « La danse des YAN ». Produit par le prestigieux Centre d’Anthropologie Visuelle de Niamey, ce chef-d’œuvre documentaire offre une plongée brute et fascinante dans l’univers des «Yan Tawri »
Les «Yan Tawri »: entre force surnaturelle et réalité mystique
Surnommés « les invulnérables », ces guerriers traditionnels fascinent autant qu’ils impressionnent. À travers sa caméra, Ibrahim Harouna Ousmane Mahamadou lève le voile sur des rituels et des performances à la fois spectaculaires et profondément mystiques. Porteurs d’amulettes sacrées censées les protéger des balles et des lames, et de leur conférer une force surnaturelle, les « Yan Tawri » incarnent une mémoire vivante. Ils naviguent sur la ligne de crête entre la croyance pure, l’héritage ancestral et la puissance symbolique.
Un questionnement nécessaire sur la transmission
Au-delà de la performance physique et visuelle, « La danse des YAN » est une œuvre introspective. Pour le réalisateur, ce film est un puissant manifeste. Il invite le spectateur à questionner notre rapport contemporain aux traditions, au sacré et, surtout, à la transmission culturelle africaine à l’ère de la modernité.
La projection s’est clôturée sous les applaudissements nourris d’un public conquis, suivie par d’autres œuvres tout aussi enrichissantes qui ont fait le bonheur des festivaliers jusqu’au bout de la nuit. Le « Festival des Identités Culturelles » ne fait que commencer, et la nuit d’hier à Ouidi a prouvé, s’il en fallait une preuve, que le cinéma africain reste le gardien indomptable de l’histoire du continent.
Par Hervé ILBOUDO lemergenceculturelle.com

Très belle et interessente pour pour ce festival en général et en partticulier un honneur pour l’anthropologie visuelle de Niamey.
Très belle écriture pour ce festival, et un honneur pour le centre d’anthropologie visuelle de Niamey. Par le biais du film documentaire Yan tawri, le cinéma Nigerien connait un essort considérable.