Désormais, « Ouid-toghin » n’est plus ce quartier perçu comme excentré et retiré du centre-ville de Ouagadougou. Au fil des années, il est devenu un vrai point de rassemblement. L’ambition derrière le « Festival International des Musiques de Ouagadougou- Ouid-toghin en Fête » (Festimo) est de rapprocher les habitants et faire de ce secteur le futur grand rendez-vous culturel de la capitale. Depuis la toute première édition jusqu’à la 4e, l’équipe d’organisation n’a cessé d’élever son niveau pour proposer un événement de qualité. Résultat est là : très peu de festivals arrivent à mobiliser autant de monde avec autant d’engouement et de soutien populaire à chaque rendez-vous.

Pour marquer le coup et témoigner sa reconnaissance, le comité d’organisation a fait un geste rare dans le milieu culturel local. Il a réuni ses partenaires autour d’un cocktail dînatoire, une soirée chaleureuse et décontractée marquée par la remise d’attestations de remerciement, des prestations artistiques et des prises de parole émouvantes. Une démarche exemplaire qui montre une belle preuve de respect envers ceux qui soutiennent l’aventure.

Un projet né pour faire vivre le quartier et rayonner au-delà
Prenant la parole devant les invités, Iwaoga Simporé, promoteur du « FESTIMO », a rappelé comment l’histoire a commencé il y a quatre ans. À l’époque, le festival s’appelait « Ouid-toghin en Fête » et la première édition s’est montée en seulement deux semaines: « Nous avons commencé tout simplement parce que nous avons voulu faire plaisir à nos voisins et aux jeunes du quartier », a expliqué M. Simporé. Face au succès immédiat et à l’enthousiasme du public, l’équipe a compris qu’il y avait un véritable besoin.
Sous les conseils du Chef de Ouid-toghin Naaba Boulga, l’événement a ensuite changé de nom pour devenir le « FESTIMO », avec une ambition plus large : « Un quartier qui vit, ce n’est pas seulement regrouper les enfants du coin. Il s’agit d’amener les autres à connaître le quartier, et même de faire connaître Ouagadougou et le Burkina Faso dans le monde entier. »
Le promoteur a salué le travail de son équipe d’organisation, toujours disponible pour travailler dur dans n’importe quelles conditions, ainsi que l’accompagnement précieux de l’équipe de « Simpo Service », la structure parente qui pilote l’événement depuis le premier jour.

La confiance des partenaires au cœur de la réussite
Soutenir un projet naissant demande du courage, et Iwaoga Simporé n’a pas manqué de le souligner à travers une image parlante : « C’est comme un enfant qui naît aujourd’hui et à qui on choisit un parrain. Accepter de parrainer un nouveau-né, c’est un engagement et un risque. Nous tenons à remercier sincèrement tous ceux qui ont cru en nous dès le début, malgré notre jeune âge. »
Durant ces quatre années, malgré les défis et la charge de travail, les partenaires et l’équipe sont restés soudés pour assurer le succès de chaque édition.

La bénédiction des autorités coutumières
Présent pour représenter Sa Majesté Ouid-toghin Naaba Boulga, le représentant du chef a exprimé toute la gratitude de la chefferie traditionnelle envers les initiateurs du festival et leur promoteur : « Je suis là au nom de Sa Majesté de Ouid-toghin Naaba Boulga pour dire un grand merci à tous les organisateurs et à M. Iwaoga Simporé pour tout ce qu’ils font pour Ouid-toghin. Que Dieu vous élève davantage et vous unisse pour que vous continuiez à faire vivre notre localité », a-t-il déclaré avant de souhaiter une excellente fin de soirée à l’ensemble des invités.
En organisant ce moment de partage et de reconnaissance, l’équipe du « FESTIMO » prouve qu’au-delà de la musique, c’est avant tout une aventure humaine fondée sur la confiance, le respect et le développement local.
Par Hervé ILBOUDO lemergenceculturelle.com
