Du 4 au 6 juin dernier s’est tenue l’une des plus grandes, pour ne pas dire la plus grande manifestation culturelle des régions de Bankuy et du Sourou. Dénommé « Faso Gondal », cet événement, au-delà de son côté festif, porte la vision de promouvoir la cohésion sociale et le vivre-ensemble. Pendant 72 heures, la population ne s’est pas tenue à l’écart du festival. Du panel inaugural jusqu’aux fins de soirées, c’est une véritable marée humaine qui s’est déplacée. Une preuve parfaite que ce rassemblement culturel est venu au moment où l’on en avait le plus besoin, après une période de crise sécuritaire.

Une programmation artistique riche et accessible
Pour un coup d’essai, l’organisation a vu grand. Proposer une programmation aussi variée pour une toute première édition témoigne d’une réelle ambition culturelle, entièrement tournée vers la satisfaction du public. Durant trois jours, l’ensemble des courants musicaux a trouvé sa place : de la musique traditionnelle au tradimoderne, en passant par le dancehall, le rap et les musiques urbaines. Cette diversité a permis de valoriser toutes les facettes de la création musicale et de les rendre accessibles à tous.

Du côté de la population, l’événement a suscité une immense solidarité, visible à travers une mobilisation massive et un engagement constant. Chaque soir, l’esplanade de la Place des Martyrs a fait le plein. Devant les entrées, de longues files indiennes se formaient patiemment, témoignant du succès populaire indiscutable de cette édition.

Santé et autonomisation : Le volet social en marge du festival
En marge des festivités, l’événement a également été marqué par une action citoyenne forte de la part d’un opérateur économique natif de la commune, Mr Saïdna Loukman Ibn BAKOUAN, localement surnommé « Le 3 Fois PDG ». Ce dernier s’est investi concrètement pour le bien-être des habitants en procédant à l’inauguration et à l’ouverture officielle de son centre médical, baptisé « El-Nour ». Par ce geste, il s’aligne sur les orientations des plus hautes autorités du pays en contribuant de manière directe à l’accès à des soins de santé de qualité pour ses concitoyens.En plus de cette infrastructure sanitaire, des bons permettant l’accès à des dizaines de formations ont été officiellement remis aux autorités locales. Ces sessions, destinées aux femmes de la localité, visent à renforcer leur autonomie financière et à soutenir activement le tissu entrepreneurial local.

Dédougou retrouve sa sérénité et son dynamisme
Autrefois considérée comme une zone tampon en raison du contexte sécuritaire, la ville de Dédougou affiche aujourd’hui un tout autre visage. Les activités quotidiennes s’y déroulent normalement et la commune connaît une nette effervescence dans plusieurs secteurs. La population a retrouvé sa quiétude, tandis qu’une jeunesse particulièrement dynamique s’investit pleinement pour le développement et l’émergence de sa localité. L’introduction d’un événement d’une telle envergure vient confirmer et rehausser ce renouveau local. Au regard de son impact, on peut affirmer que si le festival « Faso Gondal » n’existait pas, il aurait été indispensable de le créer.
Cette première édition laisse d’excellents souvenirs aux communautés de ces deux régions. Les regards sont désormais tournés vers l’avenir, et les festivaliers attendent déjà la prochaine édition avec impatience. Le rendez-vous est pris pour 2027.
Par Hervé ILBOUDO lemergenceculturelle.com