C’est un artiste qui préfère l’ombre des studios et des scènes aux projecteurs des réseaux sociaux. Pourtant, loin du bruit des caméras, Agozo brille d’un éclat particulier auprès de ses nombreux fidèles. Dans la liste des musiciens burkinabè qui s’exportent avec succès en Côte d’Ivoire, le pays de Serge, il occupe une place de choix. Sans avoir besoin de faire du tapage pour promouvoir son art, Agozo construit une carrière solide, basée sur le respect et la proximité avec son public.
Récemment de passage à l’« Espace culturel Noom Naaba de Floby », il s’est confié en toute simplicité. De Floby à Dez Altino : c’est la grande leçon de reconnaissance de Agozo que nous vous proposons de découvrir à travers cet entretien.

Chanter pour la communauté en Côte d’Ivoire
Récemment, Agozo a effectué une grande tournée à travers la Côte d’Ivoire, enchaînant les prestations et partageant son quotidien sur ses réseaux sociaux. Interrogé sur l’accueil de la musique burkinabè dans ce pays voisin, l’artiste apporte une précision pleine d’humilité et de réalisme. Pour lui, il ne s’agit pas de conquérir un public ivoirien au sens large, mais de retrouver ses frères et sœurs partis vivre là-bas.
« Quand nous partons jouer en Côte d’Ivoire, c’est avec nos frères burkinabè : les Mossi, les Gourounsi, les Bissa, les Dagara, les Lobis, les Peuls, les Samogo. Ce sont ces Burkinabè que nous allons voir pour leur faire plaisir. Nous allons jouer pour la communauté burkinabè qui est installée là-bas. Si ces frères n’étaient pas là, nous n’aurions probablement pas l’occasion de faire ce voyage. »
Ce déplacement est donc avant tout un acte de partage et un pont culturel. Comme ces compatriotes ne peuvent pas facilement revenir au Burkina Faso pour écouter les nouveautés musicales, c’est la musique burkinabè, incarnée par Agozo, qui vient à eux. C’est une manière essentielle pour lui de leur apporter un peu du pays et de maintenir vivant le lien avec leur culture d’origine.

La reconnaissance comme philosophie de vie
Dans un milieu musical parfois marqué par les rivalités, Agozo se distingue par sa bienveillance et son absence totale d’animosité. Interrogé sur ses collaborations et ses relations avec les autres figures de la musique nationale, sa réponse est sans détour. Il voue une profonde gratitude envers ceux qui l’ont soutenu, en particulier Floby et Dez Altino.
L’artiste rappelle que ses collaborations avec eux ont changé sa vie de manière très concrète : « Floby m’a beaucoup aidé. J’ai fait un morceau avec lui qui a très bien marché, et cela m’a permis de construire une maison. J’ai aussi fait une collaboration avec Dez Altino qui m’a rapporté de l’argent pour construire et aussi nourrir ma famille. » Pour Agozo, la gratitude est une valeur fondamentale. Il estime que si quelqu’un vous a tendu la main, même pour vous offrir un simple verre d’eau, il ne faut jamais l’oublier.
Cette bienveillance s’étend à l’ensemble de ses confrères. Agozo affirme aimer tout le monde, refusant d’entrer dans des querelles inutiles. Avec une touche d’humour bien connue de ses fans, il s’amuse simplement à taquiner ses parents à plaisanterie, les Bissa, en déclarant en riant qu’ils sont les seuls qu’il n’aime pas vraiment.

Un nouveau projet sous le signe du remerciement
Fidèle à ses valeurs de gratitude, Agozo continue de produire de la musique. Sa toute dernière nouveauté est une chanson réalisée en collaboration avec Issouf Manem Yam. Ce titre met une nouvelle fois en avant la reconnaissance envers tous ceux qui font du bien au quotidien. Intitulé « Zamin beogo », ce morceau rencontre déjà un franc succès et tourne beaucoup sur les ondes, au grand bonheur de l’artiste qui conclut simplement en disant : « Dieu merci ».
Par Hervé ILBOUDO lemergenceculturelle.com