Malgré un quotidien marqué par des crises économiques et un contexte sécuritaire difficile, la jeunesse burkinabè refuse de croiser les bras. Elle bouscule les codes, repousse les limites et crée de nouvelles voies là où on ne l’attendait pas. C’est dans cet esprit de résistance et d’audace que la toute première édition de la « Foire Nationale des Fournisseurs et Revendeurs du Faso » (FONAFOR) vient d’ouvrir ses portes. Une initiative forte pour reprendre en main notre économie.
On le sait, le quotidien au Burkina Faso n’est pas facile tous les jours. Entre l’inflation, les difficultés pour faire circuler les marchandises et les défis sécuritaires que tout le monde connaît, le moral des affaires pourrait être au plus bas. Mais c’est mal connaître la débrouillardise et la force des entrepreneurs d’ici. Au lieu de se plaindre, des hommes et des femmes ont décidé d’agir. Ils viennent de lancer un grand rassemblement commercial en ce mois de juin 2026 pour prouver que le pays bouge et que sa jeunesse ne compte pas s’arrêter de créer.

Le grand marché de la solidarité nationale
Après plusieurs mois de préparation intense, l’événement a enfin démarré sous la direction de M. Jacques Assingabou, le président du comité d’organisation. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le succès est là. Des centaines de commerçants, venus des quatre coins du pays, ont installé leurs stands. On y trouve de tout : des produits alimentaires de chez nous, de l’artisanat, mais aussi du matériel électronique. Des milliers de visiteurs sont attendus dans les jours à venir pour découvrir ce savoir-faire unique.

Derrière cette grande fête du commerce, il y a un objectif très clair : raccourcir les distances. L’idée est de mettre directement en contact les grands grossistes avec les petits vendeurs de quartier. En évitant les intermédiaires inutiles, les organisateurs veulent rendre les affaires plus simples, aider les circuits locaux à mieux fonctionner et rendre notre commerce plus fort face aux crises.

Consommer local, un choix politique et citoyen
Pour les responsables du secteur, cette foire ne sert pas uniquement à exposer des produits pendant quelques jours. C’est un véritable carrefour pour changer les habitudes. Le parrain de l’événement, M. ZANGA Seydou Sessouma (vice-président de la Chambre de Commerce et d’Industrie), insiste sur un point : il faut faire confiance aux entrepreneurs d’ici. Acheter burkinabè, c’est aider un voisin, un frère ou une sœur à garder son emploi et à faire vivre sa famille.

C’est aussi pour cela que l’événement propose des espaces pour apprendre. Tout au long de la foire, des formations, des discussions et des rencontres professionnelles sont organisées. Ces activités visent en priorité les femmes et les jeunes qui se lancent dans les affaires, pour leur donner les outils nécessaires afin de faire grandir leurs projets.

Moins dépendre de l’extérieur : le pari de l’avenir
À l’origine de ce projet, on trouve le Groupe Allo, dirigé par M. Amza Touré. Pour ce chef d’entreprise et promoteur de l’événement, cette foire est un acte de patriotisme. L’ambition est de bâtir un réseau de commerce solide à l’intérieur de nos frontières pour que le Burkina Faso dépende beaucoup moins des importations étrangères. Il s’agit de transformer de simples rencontres en contrats de travail solides et durables.
Devant l’enthousiasme de cette première édition, les organisateurs voient déjà plus loin. Ils veulent que cette foire devienne un rendez-vous régulier et incontournable dans l’agenda du pays. Une manière de rappeler à tout le monde que, peu importe les obstacles, les travailleurs du Burkina Faso trouveront toujours des solutions pour avancer.

Un engagement officiel pour la reconstruction du pays
C’est M. TIÉNÉ Raoul, conseiller technique au cabinet du ministre en charge de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, qui a officiellement ouvert les travaux. Envoyé en urgence pour représenter le ministre retenu par des contraintes de dernière minute, il a pris la parole avec beaucoup de fierté devant l’assemblée :
« L’édition 2026 de la « Foire nationale des fournisseurs et revendeurs du Faso » prouve le dynamisme et la résilience du commerce burkinabè face aux défis actuels. Bien plus qu’un simple marché, cet événement de juin symbolise la volonté collective de reconstruire une économie prospère portée par les acteurs locaux pour le bien-être de la population. C’est un espace de rencontre et d’affaires essentiel pour renforcer et unifier toute la chaîne commerciale du pays. Elle constitue un cadre privilégié de rencontres, d’échanges et de transactions entre les différents acteurs de la chaîne commerciale nationale. » a-t-il conclu, avant de lancer officiellement la première édition.
Sur ce, rendez-vous au « Pavillon de la charité Thomas Sankara » chaque jour, jusqu’au 14 juin 2026.
Par Hervé ILBOUDO lemergenceculturelle.com