La « Foire Multisectorielle de l’AES » au Burkina Faso a officiellement ouvert ses portes le jeudi 14 mai 2026 dans une belle atmosphère. Des exposants venus de différents pays d’Afrique ont répondu présent à cette manifestation culturelle qui se tiendra jusqu’au 17 mai prochain dans la cour du SIAO. Lors d’une cérémonie d’ouverture, qui a connu un engouement certain, le comité d’organisation a levé le voile sur les ambitions, les innovations des prochaines éditions et la vision clé de ce rendez-vous.
Un levier pour la souveraineté économique
Cette première édition marque une étape symbolique forte avec la participation de nombreuses communautés africaines. Conçue pour être itinérante, la foire se tiendra chaque année dans un pays membre de l’Alliance des États du Sahel (AES). L’objectif est clair : consolider les relations diplomatiques, promouvoir la résilience régionale et célébrer l’hospitalité légendaire de cet espace.

Pendant huit jours, les visiteurs peuvent découvrir une vitrine riche de produits locaux. Au-delà des stands, l’événement propose des panels de discussion thématiques chaque soir ainsi que des soirées « branding ». Ces dernières visent à mettre en lumière les potentialités culturelles et touristiques d’une localité ou d’un pays membre dans une ambiance festive, complétée par un espace gastronomique et musical.

Pour Mr Judicaël Ouédraogo, représentant du Président du Comité d’Organisation (PCO), l’accent est mis sur les secteurs stratégiques :
« Ce qui est mis en avant pour cette première édition, ce sont les produits de l’agriculture, l’artisanat, les énergies renouvelables et les mines. Il y a aussi les innovations et les inventions. Ces secteurs complètent naturellement celui du commerce, car nous devons travailler à un brassage entre les trois pays pour développer nos échanges. Le secteur agricole reste primordial pour atteindre l’autosuffisance alimentaire. »

Une vitrine pour les jeunes entrepreneurs
Soutenir le tissu économique local est au cœur des préoccupations. Selon Mr Kam Ollé Arnaud, Directeur général de la promotion rurale et représentant du parrain de l’événement, la foire est une plateforme d’urgence pour la valorisation du savoir-faire local.
« C’est une vitrine pour nos potentiels, du secteur agrosilvopastoral à l’artisanat. Il est essentiel que la population accompagne cette initiative en visitant les stands pour découvrir la richesse de nos trois pays », a-t-il souligné.
.Il a également rappelé que l’événement constitue une opportunité majeure pour les jeunes entrepreneurs et les PME, leur permettant d’échanger leurs expériences et d’améliorer la compétitivité de leurs produits sur le marché régional.
Des défis logistiques et une attente forte en communication
Malgré l’enthousiasme entourant le concept de l’AES, le passage à la pratique révèle des zones d’ombre, notamment en termes d’affluence. Certains exposants, attirés par le prestige du label AES, cachent difficilement leur déception face à la faible fréquentation des premiers jours.

Mme Jacqueline Bossou, exposante venue du Bénin, partage son constat :
« Je croyais que l’événement était pris en charge par l’État, mais c’est une organisation privée. Pour l’instant, l’engouement n’est pas au rendez-vous. Nous sommes au cinquième jour et les produits ne s’écoulent pas. Les organisateurs doivent revoir le format et investir massivement dans la communication pour attirer le public. »

Un avis partagé par M. Guigui Marc, exposant basé à Ouagadougou, qui reste néanmoins optimiste :
« Ce qui m’a motivé, c’est l’esprit de l’AES, l’idée de se rencontrer entre fils et filles de ces trois pays. Pour les ventes, nous doutons que l’information soit bien passée. Avec le lancement officiel, nous espérons que cela va s’améliorer. Mon conseil : miser sur la publicité bien avant le début des festivités pour garantir le succès des prochaines éditions. »
La « Foire Multisectorielle de l’AES » au Burkina Faso se poursuit jusqu’au 17 mai. Elle représente, malgré les défis de jeunesse de cette première édition, un espoir concret pour l’intégration économique et culturelle des pays du Sahel.
Par Hervé ILBOUDO lemergenceculturelle.com