C’est devenu une tradition qui ne cesse d’impacter la vie des pensionnaires de la Maison d’Arrêt et de Correction de Ouagadougou. Chaque année, le chanteur burkinabè le plus influent sur Instagram, Imilo Lechanceux, porte en cœur ces personnes, et de la plus belle des manières. Des échanges et visites, des dons de vivres et de matériel, des concerts gratuits, des séances de fitness, un match de gala entre les acteurs culturels et les pensionnaires de la MACO, telles sont les activités de l’édition 2026.

Une innovation utile : cap sur l’autonomisation agricole
Au-delà du partage et de la mobilisation habituels, cette édition s’est distinguée par une oreille attentive tendue aux besoins structurels de l’institution. L’une des plus belles innovations de cette année reste sans conteste la remise de matériel agricole. Un geste fort qui répond directement à une doléance exprimée par les dirigeants de la maison d’arrêt. Parce que donner, c’est aussi tendre la main, partager un sourire et insuffler de l’espoir, Imilo Lechanceux et ses partenaires réaffirment ainsi leur engagement citoyen et leur utilité auprès de ces personnes en quête de repères.

« Redonner le sourire à nos frères »
Pour l’artiste, ce rendez-vous annuel dépasse le simple cadre de la charité ; il s’agit d’un devoir d’humanité qu’il assume avec une profonde sincérité :
« C’est un sentiment de joie de venir toujours ici à la Maison d’Arrêt et de Correction de Ouagadougou (MACO). C’est notre maison, parce qu’ici, ce n’est pas pour les animaux, c’est pour les hommes. Tu peux t’y retrouver à n’importe quel moment, raison pour laquelle j’organise cela pour redonner le sourire à nos amis, à nos frères pensionnaires de la MACO. C’est toujours un plaisir de me retrouver ici, parce que quand je suis avec eux, j’ai une énorme sensation de joie. »

Fidèle à sa démarche de proximité, la délégation a arpenté les différents secteurs du centre pour s’enquérir des réalités des détenus. « Comme chaque année, on fait la visite des cellules ; nous sommes allés chez les femmes, chez les mineurs, histoire de les réconforter », a confié Imilo Lechanceux. Cette année, le traditionnel repas communautaire a intelligemment été remplacé par l’équipement agricole : « Ils avaient dit qu’ils en avaient besoin, voilà pourquoi nous le leur avons apporté », précise-t-il, saluant au passage l’appui constant des partenaires qui ont fourni vivres, jeux de maillots et gadgets.

Sport, cohésion et messages d’espoir
Le fait marquant de la fraternité s’est joué sur le terrain de football lors d’un match de gala mémorable opposant les acteurs culturels aux pensionnaires. Score final : un match nul à l’issue du temps réglementaire, suivi d’une séance de tirs au but fatidique où les résidents de la MACO ont dicté leur loi. Une défaite amicale acceptée dans un immense éclat de rire par l’artiste : « Ça s’est terminé avec des cris de joie. L’année prochaine, on viendra se venger ! »
Au-delà du score, c’est le message de résilience et de réinsertion qui retient l’attention. En quittant les lieux, Imilo Lechanceux a tenu à laisser des mots d’encouragement gravés dans les esprits
« Le message que j’ai pour nos frères pensionnaires de la MACO, c’est force à eux. Nous prions Dieu qu’ils se retrouvent tous et toutes dehors dans les jours à venir. On leur souhaite la liberté. Ce n’est pas la fin du monde ; qu’ils se comportent bien parce que c’est une correction. Quand ils vont sortir, on sera toujours ensemble et on se retrouvera pour des concerts. » souhaite-t-il
Le cap est encore fixé pour l’année prochaine, avec plein d’autres surprises en faveur de ces pensionnaires de la Maison d’Arrêt et de Correction, qui ne souhaitent qu’avoir le sourire et l’espoir de retrouver la liberté.
Par Hervé ILBOUDO lemergenceculturelle.com
