En marge des festivités de la Semaine Nationale de la Culture (SNC) 2026, une masterclasse de haut niveau a réuni les acteurs majeurs du secteur culturel autour d’un défi crucial : « Nouvelles initiatives dans l’événementiel au Burkina Faso ». Face à un contexte sécuritaire et social en pleine mutation, Alif Naaba, figure de proue de la scène musicale et promoteur des Rencontres Musicales Africaines (REMA), a partagé sa vision d’un secteur qui doit impérativement se réinventer pour maintenir le lien avec son public.
Au cœur des échanges, Alif Naaba a insisté sur la distinction fondamentale entre le simple divertissement et l’économie de la culture. En s’appuyant sur l’exemple des REMA, il a défini le concept de « convention de festival », un format hybride s’étalant sur trois jours et conçu pour soutenir concrètement l’économie musicale à l’échelle panafricaine. Plus qu’un rendez-vous festif, ce modèle repose sur une plateforme de rayonnement international qui propulse la structuration de l’industrie.

Cette approche intègre systématiquement la formation aux nouveaux métiers de la musique, permettant aux acteurs locaux de s’approprier des compétences techniques et managériales pointues. Chaque année, des experts mondiaux sont sollicités pour débattre de thématiques d’actualité, transformant l’événement en un véritable laboratoire d’innovation.

Toutefois, cette ambition de modernité se heurte à une réalité pragmatique : le coût de l’excellence. Alif Naaba a rappelé avec lucidité que, dans le contexte actuel, « la règle coûte très cher ». Exposer l’art et la culture au Burkina Faso exige désormais des ressources financières colossales pour répondre aux standards de qualité et de sécurité. Selon le promoteur, il est illusoire de vouloir rayonner sans un investissement massif. L’appel est donc lancé pour la mise en place d’une politique stratégique forte, où les moyens financiers seraient au service d’une vision à long terme. L’idée est de faire de la culture non plus un simple accessoire de divertissement, mais une véritable arme de diplomatie et de valorisation nationale.

L’intervention de Alif Naaba à cette masterclass portant sur le thème : « Les nouvelles initiatives dans l’événementiel au Burkina Faso » dessine une feuille de route claire pour l’avenir de l’événementiel burkinabè : professionnalisation, adaptation économique et volonté politique. Pour que la musique devienne ce « savoir » et cet instrument de rayonnement tant espérés, le secteur doit opérer une transition vers des formats plus résilients et structurés. Le défi de 2026 est désormais lancé : faire de la culture le moteur essentiel de l’image de marque du pays des Hommes intègres sur la scène mondiale.
Hervé ILBOUDO
