Un projet d’innovation sociale, c’est une idée nouvelle qui apporte des réponses simples à des questions d’identité, et c’est exactement cette audace qu’il faut saluer chez la jeunesse burkinabè. Avec une bravoure et une vision remarquables, ces jeunes ont décidé de faire bouger les mentalités en associant la science à notre culture. C’est dans cet esprit de fierté et d’affirmation de soi que la « Maison du bien-être » a organisé, les 4 et 5 juillet 2026 au Musée national, la toute première édition du « Festival Afro Renaissance » sous le thème « Racines et renaissance : la science au service de l’identité africaine ».
Un événement inédit au Burkina Faso et en Afrique qui ose aborder le cheveu naturel sans complexe et pousse chacun à s’assumer pleinement.

Pour SOUBEIGA Tiphaine Malika, présidente du comité d’organisation (PCO), tout est parti d’un constat simple : « Les cheveux naturels sont marginalisés. On voulait créer un cadre pour en parler avec sérieux, avec une vision scientifique et culturelle. » Pour elle, le message principal est clair et fort : « Nos cheveux naturels sont notre couronne, notre puissance, notre force. On doit les valoriser au lieu de les cacher, en prendre soin et apprendre à s’en occuper. Il faut accepter ses cheveux au naturel. »
Deux jours de réflexion, de soins et de culture
Pendant ces deux jours, les participants ont pu assister à quatre panels : deux scientifiques et deux culturels. Les discussions ont permis de mieux comprendre les enjeux identitaires, socioculturels et économiques liés aux cheveux dans la société burkinabè.

À cela s’ajoute un programme riche sur le terrain. Le festival ne s’est pas arrêté aux discours, car sur place, les festivaliers ont pu profiter d’une rue marchande animée par des spécialistes capillaires venus proposer des soins directs et des produits 100% naturels fabriqués au Burkina Faso, mais aussi admirer des défilés de mode mettant en avant des tenues traditionnelles et la beauté des coiffures naturelles, tout en profitant d’un espace restauration pour se rafraîchir et partager un moment convivial, sans oublier la séance de dédicace organisée pour la sortie du 14ᵉ livre du Professeur HOUROUPOU Mbambaï Jacques.

Un message interressant porté par les parrains et ambassadeurs
Pour l’ambassadeur du festival, Pr HOUROUPOU Mbambaï Jacques, cet événement va bien au-delà d’un simple rassemblement : c’est un véritable mouvement pour se réconcilier avec notre identité. « Le cheveu crépu n’est pas une erreur de la nature, c’est une merveille. Il n’a jamais eu besoin d’être corrigé, il a seulement besoin d’être compris », a-t-il rappelé. Il a encouragé tout le monde à ne jamais avoir honte de ce qu’il est, mais plutôt à transformer nos savoirs et nos racines en innovations, en entreprises et en richesses pour l’avenir.

De son côté, la marraine, Mme Bernadette DAO de cette édition, ambassadrice du patrimoine national, a souligné l’importance de soutenir une telle initiative. Pour elle, le cheveu fait partie intégrante de notre patrimoine cultural qu’il faut protéger et valoriser : « Soyez fiers de vos cheveux, entretenez-les et sachez que vous portez un trésor. »
Cette première édition du « Festival Afro Renaissance » pose ainsi les bases d’une Afrique qui prend conscience de ses richesses et qui s’assume sans complexe.
Par Hervé ILBOUDO lemergenceculturelle.com
