Cinq jours entre projections, village artistique, ateliers en faveur des enfants, des expositions, rue marchande, masterclass ou encore panels animés par des professionnels qui ont le secret de leur sujet, la 7e édition du « Festival des Identités Culturelles »(FESTIC) a fermé ses portes de la plus belle des manières. Engouement, mobilisation : cet événement a suscité un véritable enthousiasme auprès d’un public de plus en plus nombreux.
Derrière les projecteurs, l’heure est au bilan pour l’équipe de pilotage qui a orchestré ce marathon culturel avec brio.

Un marathon cinématographique et un hommage à la communauté Bissa
Pour WendLassida Ouedraogo, Président du Comité d’Organisation (PCO), le sentiment du devoir accompli s’accompagne d’une vive émotion :
« À chaud, je peux vous dire que c’est un sacrifice pour notre comité d’organisation. En cinq jours, nous avons réussi à diffuser les 29 films de cette édition sur deux sites : le site principal de Ouidi et la cité universitaire de l’IDS. »
Le festival s’est également affirmé comme un espace de haute transmission intellectuelle. Une masterclass magistrale autour du film mythique « Sarraounia » de Med Hondo, animée par le professeur Tidjani, a rencontré un tel succès que les participants réclament déjà une seconde session. En parallèle, les débats ont vibré au rythme du thème central : « Les identités culturelles à l’ère du numérique planétaire ». Au total, ce sont plus de 2 000 festivaliers qui ont vibré à travers ces activités.
Cette 7e édition a mis un point d’honneur à célébrer la richesse locale.
« Nous nous réjouissons d’avoir communié avec la communauté Bissa, qui était à l’honneur cette année », ajoute le PCO, évoquant une nuit de découverte et des expositions d’objets patrimoniaux. La relève n’a pas été oubliée : dès deux semaines avant l’ouverture, des ateliers de stop-motion, de dessin animé, d’écriture et de contes ont initié les enfants aux métiers de l’audiovisuel. Le court-métrage qu’ils ont réalisé, centré sur la diversité vestimentaire du Burkina Faso, a captivé l’audience.Le soutien institutionnel : le cinéma comme arme de résilience

Le soutien institutionnel : le cinéma comme arme de résilience
Le ministère de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme a réaffirmé son soutien indéfectible à cette initiative privée. Brice Fabien Ouedraogo, chargé de mission au ministère, a salué le travail de longue haleine des organisateurs :
« Le ministère a toujours soutenu les projets qui œuvrent pour la promotion du patrimoine culturel. Cet événement témoigne de la résilience du peuple burkinabè. Malgré les difficultés et les défis actuels, voir une telle affluence prouve que la population attendait ce festival. »

Le Palmarès 2026 : Le grand écran célèbre l’histoire et les traditions
Le festival a couronné des œuvres poignantes, portées par l’authenticité et la passion des réalisateurs du continent.

Meilleur Long-métrage Documentaire : « SUN YOON » de Jean Marie Mallet
Ce film est un vibrant hommage à Doudou N’diaye Coumba Rose, le légendaire griot sénégalais et percussionniste de renommée internationale. Ce père de 36 enfants a bravé les traditions en apprenant à ses enfants à battre le tambour, parcourant le monde en famille.
Le mot du réalisateur Jean Marie Mallet : « C’est le fruit d’un travail acharné de 11 années de recherche avec une équipe 100 % africaine (Sénégal, Burundi). Pap Doudou a partagé 30 ans de ma vie. Avant sa mort il y a dix ans, je lui ai dit que sa vie méritait d’être racontée, il m’a dit : « Fais-le ». C’est le plus beau cadeau qu’il m’ait fait, c’est un devoir de témoignage. »

Meilleur Court-métrage : « WERGA », produit par Koussoubé Abdoul Salam.
Une coproduction exemplaire entre le Burkina Faso et le Togo, réalisée par une cinéaste talentueuse. Le film suit Fiacre, gardien d’un savoir ancestral au sein de la communauté Ndawa au Togo. Il fait face au défi de transmettre la pratique de la flûte traditionnelle (le Werga) à son fils, qui est quant à lui irrésistiblement attiré par un instrument moderne : le saxophone.
« C’est un immense sentiment de fierté et de reconnaissance envers toute l’équipe et mon coproducteur togolais. Ce prix couronne les mois d’une magnifique aventure humaine. » affirme-t-il, Mr Koussoubé Abdoul Salam.

Prix du Cinéma Numérique Ambulant & Mention Spéciale Documentaire : l’œuvre d’Ibrahim Ousmane Mahamadou (Niger)
Le réalisateur nigérien ne cache pas sa joie face à l’accueil chaleureux du public burkinabè. Porté par le Centre d’Anthropologie Visuelle de Niamey, le film explore le rythme et les rituels de la communauté des « Yan Tawri » (qui signifie « Les Invulnérables » en langue Haoussa).
« L’organisation était au top. Notre film a su s’imposer face à une rude compétition. Ce succès nous donne de l’élan : nous sommes actuellement en pleine écriture de la version long-métrage de « Yan Tawri », qui sortira très bientôt. »
La 7e édition du « Festival des Identités Culturelles » referme ses portes sur une note d’espoir et de créativité, confirmant que le cinéma africain reste le plus beau miroir de ses identités plurales.
Par Hervé ILBOUDO lemergenceculturelle.com
