Festival des Identités Culturelles : Le film ivoirien « Un village instruit » séduit Ouagadougou par sa richesse identitaire

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C’est aussi ça le « Festival des Identités Culturelles » : concevoir un pont culturel et se retrouver autour d’une même assiette pour consolider les liens communautaires. Chaque édition s’inscrit dans cette logique et les organisateurs ont toujours visé le ciel pour atteindre le sommet. Faisant partie des œuvres projetées à cette 7e édition, le premier film ivoirien tourné en 25 langues locales, intitulé « Un village instruit », a débarqué à Ouagadougou dans la nuit du samedi 16 mai.

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Une projection suspendue au silence des cinéphiles

La projection a connu une belle mobilisation de riverains et de cinéphiles curieux. Attirés par les échos de cette œuvre singulière, ils ont effectué le déplacement en nombre pour la découvrir. Entre calme, silence et attention, les festivaliers ont suivi avec sérénité ce long-métrage particulièrement enrichissant.

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Je suis André KOUASSI, réalisateur et acteur sur ce projet ayant représenté le réalisateur ivoirien Djoblé Edgar AHOUNE, qui a signé le film« Un village instruit », nous a confié notre interlocuteur lors de l’événement.

Entre mystères, réconciliation et dialogue des cultures : De quoi parle réellement ce film ?

L’intrigue s’installe dans un village où l’école est mystérieusement fermée : tous les enseignants qui y sont affectés meurent de façon brutale. C’est alors qu’arrive un marchand ambulant qui, sans être un véritable instituteur, choisit de se faire passer pour tel, décidant de dévouer (et de risquer) sa vie pour l’éducation de cette communauté.‎

À travers cette trame, l’œuvre lève le voile sur de nombreux mystères et explore profondément la notion d’appartenance. Pour la première fois dans l’histoire du cinéma ivoirien, un film intègre 25 langues locales. Un choix fort où le public burkinabè a d’ailleurs eu la surprise de retrouver le mooré, notamment à travers un pan de chant traditionnel.

Dans une Côte d’Ivoire qui compte plus de 60 ethnies, ce film s’impose comme un puissant facteur de réconciliation identitaire. Et l’aventure est loin d’être finie : l’équipe annonce déjà des révélations inédites et prépare activement une deuxième partie.

Une prouesse technique signée en 7 jours

Le tournage, intégralement réalisé en Côte d’Ivoire, relève de la performance :il n’a duré que 7 jours. Produit à fonds propres par Djoblé Edgar AHOUNE, le projet a mobilisé un réseau de solidarité artistique et technique remarquable. Enseignant à l’Institut National Supérieur des Arts et de l’Action Culturelle (INSAAC) ainsi qu’à l’École Supérieure de Théâtre, de Cinéma et d’Audiovisuel (ESTCA), le réalisateur a confié les postes clés (son, image, technique) à ses propres étudiants.

Après avoir conquis les salles de cinéma ivoiriennes et s’être exporté au Togo, « Un village instruit » met le cap sur la France pour ses prochaines projections. Mais l’escale burkinabè garde une saveur unique pour l’équipe :

‎« Notre passage à Ouagadougou est exceptionnel et particulier. Vu l’intitulé de l’événement, ce film répond véritablement, en termes d’identité culturelle, aux besoins et aux valeurs du festival. C’est une énorme joie pour nous d’avoir été invités et répertoriés à ce rendez-vous », conclut André Kouassi.

Par Hervé ILBOUDO lemergenceculturell.com

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