« Soit tu as le cardio, soit tu déposes le micro » : le grand saut de Nabalüm dans l’autoproduction avec « Karism Prod »

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Au Burkina Faso, elles se comptent sur les doigts d’une main, ces artistes chanteuses qui regorgent d’une vision très large et pensent à la survie d’une carrière artistique bien musclée. Nabalüm occupe sans doute une place de choix s’il faut faire la liste de ces braves héroïnes. Après dix ans d’apprentissage, d’aventure et de forge, la Black Queen prend désormais les commandes de sa production sous sa propre enseigne égérie dénommée « Karism Prod ».

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Le grand saut vers l’autoproduction : la maturité au service de la liberté

‎C’est à l’occasion d’un échange sobre avec la presse nationale, ce vendredi 29 mai 2026, que l’artiste a officiellement présenté sa nouvelle structure dénommée « Karism Prod ». Mise en place il y a moins d’un an, cette maison de production est née d’une ambition claire : s’autoproduire, s’exprimer sans limites et, à terme, tendre la main à la nouvelle génération.‎

« J’ai créé « Karism Prod », la nouvelle maison qui porte Nabalüm. C’est une vision et une ambition pour me permettre d’accomplir pleinement ce que j’ai en moi, de proposer des œuvres qui me ressemblent entièrement », confie l’artiste.‎

Après une décennie passée sous la houlette d’autres labels, Nabalüm estime avoir acquis l’expérience nécessaire pour voler de ses propres ailes : « Dix ans de carrière, ce n’est pas rien. J’ai eu les épaules assez solides pour créer cette structure. Avec le temps, et si Dieu le veut, je pourrai aider d’autres artistes dans leur parcours à s’exprimer à leur tour à travers la production. C’est un processus normal dans la vie d’un artiste. »

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Un parcours de transformation, de la chrysalide à la femme accomplie‎

Arrivée d’Abidjan en 2015, la jeune chanteuse découvrait alors un univers musical burkinabè qui lui était totalement inconnu avant de lancer officiellement sa carrière en 2016. Souvent perçue comme distante à ses débuts, elle tient à rétablir les faits : « Être renfermée n’était pas un choix personnel, mais une stratégie de la structure qui me produisait pour m’aider à acquérir les bases sans me disperser, tout en protégeant mon image. »

‎Ce cheminement l’a profondément transformée. « En dix ans, j’ai vu naître une petite fille pleine de rêves, devenue une jeune fille, puis aujourd’hui une femme qui a envie de représenter le Burkina Faso de la plus belle des manières. La source, c’est le Burkina ; c’est ce qui nous porte, nous booste, et nous permet de nous envoler ailleurs avec ce que l’on a à proposer. »

En une décennie, le bilan est déjà riche : un maxi, un album et une succession de singles. Nabalum entend désormais revendiquer pleinement sa place sur l’échiquier musical national et international : « C’est le moment de faire mes preuves, d’assumer qui je suis et d’occuper la place qui me revient dans la musique burkinabè. Dans toute décision, il y a des risques, mais je suis préparée à relever les défis. La carrière d’un artiste est ainsi : soit tu as le cardio, soit tu déposes le micro. Et si je suis là, c’est parce que j’ai le cardio. »

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L’école de la musique : l’héritage de ses anciennes maisons de production

‎L’artiste n’oublie pas d’où elle vient et exprime une profonde gratitude envers les labels qui ont jalonné et nourri son parcours, chacun ayant apporté une pierre essentielle à son édifice artistique.‎

‎« La Cour du Naaba » : l’école du Live

‎« Là-bas, c’était vraiment la vision Live portée par le Directeur Général. J’y ai énormément appris. Si aujourd’hui j’arrive à tenir des scènes en live, c’est en grande partie grâce à cette expérience. Ce parcours m’a forgée. »‎

« Destiny Prod » : l’ouverture et la diversification du public

« À mes débuts, beaucoup me disaient que je faisais de la musique de riches ou pour les tontons et les tanties. Chez Destiny, j’ai pu casser ce mythe et m’ouvrir à un public plus jeune qui se retrouve aujourd’hui dans mes chansons. Cela m’a permis de toucher plusieurs cibles en toute liberté. »

Cap sur l’avenir : nouvel album, concert et rayonnement international

Aujourd’hui indépendante, Nabalüm sait que le défi est immense mais reste confiante. « Ce n’est pas simple du tout, mais c’est possible. De grands artistes s’en sortent très bien à leur propre compte. Il faut simplement savoir s’entourer et bien ménager sa monture. »‎

L’actualité de l’artiste s’annonce d’ailleurs particulièrement dense puisque, sous la bannière de « Karism Prod », trois singles à succès ont déjà vu le jour : d’abord « Sodassé » en featuring avec Privat, suivi de « Faso », un remix prestigieux avec l’Orchestre National de la Présidence, et enfin « Nos prochains », son tout dernier titre réalisé en collaboration avec le rappeur Smarty.

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Selon son chargé de communication, Mr Yanogo Abdoul Ghaniyou, les projets à court terme sont majeurs. L’équipe travaille activement sur la finalisation d’un nouvel album prévu pour cette année, qui sera accompagné d’un grand concert dont la date sera communiquée très bientôt.‎

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Sur le plan international, la Black Queen s’apprête à faire rayonner la culture burkinabè au-delà des frontières : elle est attendue à Paris le 6 juin prochain, où elle représentera dignement le pays des Hommes intègres lors de la prestigieuse « Nuit du Faso Danfani ».

Bonne aventure à la Black Queen dans cette nouvelle vision.

Par Hervé ILBOUDO lemergenceculturelle.com

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